Et si on faisait évoluer le fonctionnement des découverts bancaires ?
Plus récemment, une étude publiée par le comparateur en ligne Panorabanques a livré ces chiffres très éclairants: en France, 79% des clients des banques disposent d’une autorisation de découvert, dont 72% de ceux qui ne sont jamais à découvert (54% des clients en 2021 ; 49% en 2020). Par ailleurs, parmi les 15% de clients qui ne disposent pas d’une autorisation de découvert, 9% le sont quand même (et 6% des clients des banques ne savent pas s’ils ont ou non l’autorisation de l’être!).
Ces chiffres indiquent clairement qu’une très large majorité de Français fondent la relation à leur banque sur l’assurance de pouvoir disposer d’une marge de sécurité financière au cas où. Et cela éclaire sans doute un certain nombre de comportements dont, particulièrement, la réticence à changer facilement de banque, faute de savoir si l’on y retrouvera les mêmes dispositions. Et puis, ce n’est pas si facile de changer d’établissement quand on est souvent à découvert. Quand on dépasse le montant de son autorisation, ce qui est le cas de 49% de ceux qui se retrouvent à découvert. Il n’est pas si facile non plus d’obtenir un crédit dans ces conditions – en France, Floa Bank est l’un des très rares établissements à en tenir compte.
Un découvert n’est pourtant rien d’autre qu’un crédit mais être à découvert est encore vu comme une faute. Presqu’un péché! C’est pourquoi on applique aux découverts les intérêts les plus élevés. Des taux allant de 7% à 15% et de 16% à 21% pour les montants non autorisés. Ce sont comme des pénalités. Est-ce que cela n’est pas, aujourd’hui, tout à fait anachronique?
Une brèche pour de nouveaux acteurs
Ainsi, alors que la disposition d’un volant de trésorerie représente l’une des demandes les plus fortes de leurs clients, les banques proposent, avec les découverts, un service souvent incertain (entre ligne de crédit et facilité de caisse, dont le statut juridique et les possibilités de suspension ne sont pas du tout les mêmes), onéreux car fondé sur une culpabilisation des comportements et, certes, très rentable pour les banques mais souvent mal vécu par leurs clients. Un service qui a pour seule alternative des lignes de crédit renouvelable généralement très chères également ou des outils de gestion de comptes pour apprendre à savoir mieux tenir ses finances.